En présence de l’ambassadeur de Palestine au Maroc et d’un parterre de figures politiques, intellectuelles et culturelles, la Fondation Abou Bakr El Kadiri pour la Pensée et la Culture a commémoré, à son siège à Salé, le 6e anniversaire du décès d’Abou Bakr El Kadiri, l’un des grands pionniers du Mouvement national.
Lors d’une conférence intitulée « Abou Bakr El Kadiri et l’acte fondateur », le professeur Abdeljalil Nadem, de la Faculté des Lettres de Rabat, a souligné que le défunt occupait une place de premier plan dans le paysage de la Renaissance marocaine moderne (Nahda), bénéficiant d’un profond respect au Maroc comme à l’étranger.
Un engagement total pour la Patrie et la Renaissance
Le professeur Nadem a rappelé qu’Abou Bakr El Kadiri n’a ménagé aucun effort tout au long de sa vie pour suivre les affaires publiques. Passionné par les questions politiques, intellectuelles et culturelles, il s’est engagé avec enthousiasme dans les causes de la nation avec un objectif constant : la faire progresser et l’inscrire sur la voie du renouveau.
Il a également mis en avant la démarche du défunt, guidée par la souplesse et la culture du dialogue face aux différends. Présent sur tous les fronts du débat politique et intellectuel, il consacrait en parallèle une part considérable de son temps à l’écriture et à la documentation historique.
Un bâtisseur d’institutions et un partisan du travail collectif
Abdeljalil Nadem a souligné la capacité exceptionnelle d’El Kadiri à concrétiser les idées en actions tangibles, que ce soit à travers :
- La création d’organisations et d’associations ;
- La fondation de journaux et de revues ;
- Une production écrite abondante.
Cette dynamique constante découlait d’une prise de conscience aiguë de l’importance du travail collectif et du dépassement des divergences pour parvenir à des consensus. Soucieux de réforme sociale, politique et culturelle, il critiquait la dépendance et le mimétisme de l’élite marocaine vis-à-vis de l’Occident, plaidant à l’inverse pour un renouveau ancré dans l’authenticité de la société marocaine et visant l’édification d’un « État idéal ».
Clarté de la vision et devoir de mémoire
L’intervenant a illustré la clarté de vision du défunt en évoquant le rapport qu’il avait adressé au Roi Mohammed V en 1957, à la suite d’une tournée dans plusieurs pays arabes. Il y mettait en garde contre la dérive autoritaire et le manque de liberté observés dans certains de ces pays, déconseillant d’en suivre le modèle.
Le professeur Nadem a conclu en rappelant qu’Abou Bakr El Kadiri a grandement contribué à documenter la mémoire du Maroc contemporain par ses écrits, caractérisés par une recherche d’objectivité, un rejet des vérités absolues et un profond respect de la liberté d’opinion.



